lundi, février 06, 2006

 

Pourquoi les profs sont contre le CPE

L'actuelle fronde des enseignants anti-CPE, et anti Villepin n'est pas simplement une nouvelle tentative d'aller chercher dans la rue (et à la pêche) ce qui a été perdu dans les urnes en 2002.

Les enseignants, j'en suis convaincu, ont un intérêt à ce que le chômage reste à un niveau élevé en France. S'ils n'en n'ont pas forcément tous conscience, les syndicats enseignants l'on compris depuis bien longtemps, et manipulent dans ce sens leurs adhérents, toujours bien sûr au nom de la "solidarité" ou de la "pédagogie". Les différentes lois et réglements rendent le diplome de plus en plus indispensable pour accéder à l'emploi, non du point de vue des compétences qu'il permet d'acquérir, mais du point de vue purement légal. Sans tel ou tel diplome d'Etat, impossible d'exercer la plupart des professions. Or, avec 9 ou 10% de chômage, le fameux diplome devient la clef du "salut" du plus grand nombre. Les enseignants deviennent donc le passage obligé vers le monde du travail, "checkpoint" entre les chômeurs et ceux qui travaillent. Plus le chômage est important, plus le pouvoir de celui qui est justement au "checkpoint" grossit. Il peut donc imposer ses vues, ses critères salariaux, ses conditions de travail, son régime de retraite, son régime s'assurance maladie, etc. Ceux qui ont eu un boulot grace aux enseignants paieront. Sinon, on se débrouillera pour rendre indispensables de nouveaux diplomes.

Afin que ce chômage soit conséquent, la masse est mal éduquée. Non qu'elle ne sache rien, mais qu'elle n'ai surtout pas des valeurs entrepreunariales. Quelques formations d'élite subsistent car il faut bien "faire tourner la boutique". Mais il est essentiel de saper dès le plus jeune âge tout esprit d'entreprise. Il est essentiel de faire croire que l'Etat est beaucoup plus rassurant que la liberté, que le marché. Pour cela, les recrutements se font sur des critères de "capacité pédagogiques", autrement dit sur des critères - et c'est là l'intérêt - hautement subjectifs. Comprenez: on ne recrute qu'à gauche. Ainsi, il suffira d'agiter le chiffon (rouge) de l'égalité pour qu'en toute bonne foie et sans s'en apercevoir, les enseignants (de gauche, tous) se mettent à "débrayer" pour avoir "plus de moyen" et combattre l'éducation "réactionnaire". Et qui pourra se révolter, parmi tous ces enseignants, d'enseigner dès la maternelle les valeurs de paix, de partage, de solidarité, de vigileance, de compréhension de l'autre (même - et surtout - si l'autre est un cancre) de culpabilisation si mon papa a plus d'argent que le papa de Pierre? Ces "valeurs" sont les mêmes qui sont ensuite rabachées dans le secondaire en cours d'histoire, de géo, de langue vivante, de Français. A sa sortie du lycée, 75% rèvent de devenir fonctionnaire, on le sait. Mais le pire est qu'ils en sont FIERS ! Dire "je veux être fonctionnaire", c'est presque comme dire: "je veux faire de l'humanitaire", "je sacrifie la fortune à la communauté". Donc "Je suis solidaire", "je suis citoyen".

Même dans ma fac le phénomène se poursuit. Alors que je fais des efforts surhumains pour que mes cours d'éco restent le plus neutre possible politiquement parlant, des profs d'informatique ou de math réunnissent les étudiants pour leur expliquer "pourquoi il faut dire non au CPE". Des profs de math font des cours d'éco improvisés. Ils sont inculpabilisables car ils sont persuadés ne faire que propager des "valeurs" presques transcendantales, ces valeurs qu'ils assènent aux enfants depuis le plus jeune âge.

Pour la touche finale, il est également important qu'on ne puisse se rendre compte de la supercherie. Il est donc capital de diaboliser toute société qui réussirait par d'autres moyens, voire même qui réussirait mieux que nous en professant des valeurs bien différentes des notres. Il suffit là de profiter, d'abuser de l'asymétrie propre à toute activité d'enseignement -l'asymétrie entre celui qui sait et celui qui apprend- pour déformer, exagérer, et soyons clairs, pour MENTIR éhontément concernant ces sociétés dont cerains suppots vous prétendrons qu'elles réussissent mieux. Ce sont en effet de moins en moins des semi-vérités et de plus en plus de complets mensonges qui sont officiellement enseignés aux étudiants de collège et de lycée concernant (i) les USA et (ii) l'avant 1968.

Comments:
Effectivement, les diplomes ne semble pas interesser particuliérement les anglais, qui sont en quasi pleine emploi. Blair est obligé de payer (certes, modérement) les lycéens pour qu'ils restent passer leur bac (level A) plutôt que de partir dans la vie active. D'ailleur Gordon Brown veut faire passer la majorité à 16 ans (plutôt dangereux, à mon avis).

Par ailleur on assiste en France à la multiplication des diplomes et autres formations pour des "métiers" qu'on apprenait avant sur le tas en 2/3 semaines.

Bref, ta théorie n'est pas improbable. Mais les enseignants ne sont-ils pas en majorité des fils de prolétaires ? Ne projetent ils pas leur propres histoires fantasmées sur leurs éléves ? Ils sont sans doute sincérement persuadé que les Patrons les ont exploité pendants des siécles, comme avant les Nobles et les Roi (..persistance des agrégas). C'est décevant, car cela prouve que les études ne sont plus l'occasion de se former une vrai pensée, mais purement technique et utilitaire, restent pour ainsi dire extérieur à la conscience.

En tous cas, je suis épouvanté du niveau de certains jeunes gens avec qui je discute. Visiblement, l'histoire de France, la littérature, la philosophoe, l'économie (évidement), la constitution, toutes ces choses pourtant indispensables leur sont soit parfaitement inconnues, soit tellement déformés par la simplification et l'idéologie qu'il vaudrait mieux encore qu'ils l'ignorent complétement.
Weber avait donc raison.
Nous ne formons plus des humanistes généralistes mais des techniciens ultra-spécialisés.
 
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