dimanche, mars 13, 2005

 

Canard Laqué


En ce moment circule dans les boites mails cet immondice, trouvant son origine dans un autre immondice, le "canard" de septembre dernier.

A méditer,

En 2005 Nous allons devoir donner un euro non remboursé de notre poche, nous allons être très contrôlés lors de nos arrêts maladie, nous allons devoir consulter un généraliste avant d' aller voir un spécialiste... Toutes ces mesures pour "soi-disant" réduire le trou de la Sécu !!! hé bien lisez ce qui suit, et vous vous ferez votre opinion...

" La Sécu fait la bombe à Pékin " (Le Canard Enchaîné 22/09/04)" Quelques semaines à peine après l' adoption par le parlement du plan Douste-Blazy sur la Sécu, 180 dirigeants français des caisses de protection sociale ont séjourné, aux frais de la princesse, dans les plus luxueux hôtels de Pékin. Motif : participer à l'assemblée générale de l'association internationale de sécurité sociale qui se tenait du 12 au 18 septembre, dans cette fameuse patrie des droits de l' homme. Un millier de délégués représentaient 130 pays dont 30 Allemands, 25 Américains, et pas moins on l'a dit de 180 Français. À croire que la France est fière d' exhiber son trou de la Sécu devant le monde entier.!!!!!

Le premier jour (le 12) les travaux ont été ouverts à 16h30 pour se terminer par un cocktail à 18h. Les 13, 14, 15 et 16 septembre ont été réservés à des cogitations techniques de commissions techniques, ce qui a permis aux congressistes, peu intéressés par ces bavardages, de s' initier aux beautés de la cité interdite. De même n' était-il pas indispensable de consacrer son après-midi du 17 à suivre l' exposé sur la sécurité sociale chinoise. Enfin, les débats, qui devaient en principe se clore le 18 ont pris fin la veille... pour avoir quartier libre le 18. Coût du séjour des fonctionnaires de la sécurité sociale française 700000 euros "

Je suggère de faire suivre ce type d' informations à toutes vos connaissances et de leur donner le même conseil. Un petit copier/coller sur la totalité du message, y compris cette partie, c' est vite fait !Bien sûr, l' inconvénient c' est qu' on encombre la messagerie avec de tels messages. Mais finalement moins que les spams et les virus ?L' inconvénient c' est qu' une fois lancé ce message risque de circuler pendant longtemps sans contrôle. Mais pas autant que le trou de la Sécu. L' avantage, c' est qu' à force d' être diffusé, il finira bien par arriver sur la messagerie de responsables de la Sécu, ou de politiciens qui sont censés passer leur temps à gérer l' argent des contribuables, pas à le digérer....Alors l' un d' eux se sentira peut-être rougir. On peut rêver non !

Petite analyse de texte...

La "Canard" montre une fois de plus ses qualités en matière de "révisionnisme en direct". Petite leçon de choses:

A/ En introduction, quelques rappels hitoriques pour remettre les choses à leur place:

1) Voulez-vous connaitre les sommes que la mairie de parie fait passer aux associations "citoyennes" telles que "debouts, étudiants gays et lesbiennes", "assocication pour les gymnasiums et clubs de fitness gays et lesbiens", ou encore le lutte pour "l'égalité des droits et l'homoparentalité chez les glt (gays lesbiennes et transsexuels)" ????? Voulez vous savoir, en parallèle, combien de gens vivent dehors dans les rues de Paris?

2) Voulez vous savoir combien les relations avec la Chine nous rapportent chaque année (à la France, donc à toi, à moi, au gouvernement, et à la sécu), savoir combien de fois (700.000 euros) ça fait? à 10 ou 20 millions près ?

3) Voulez vous savoir combien de millions d'euros dépensaient Mitterrand et sa court "d'artistes engagés" lors de chaque déplacement diplomatiques? 2 boeing 747 affrétés spécialement chaque fois que le mitteux se déplaçait en Amérique du sud ou dans tous pays "de gauche" pour pouvoir emmener avec lui Hanin, Téssier, Jolivet, Arditti, etc etc etc.... Dans un luxe digne d'une super super première classe (fête à bord tout le voyage). Dans le même temps, on demandait bien entendu aux français de se serrer "solidairement la seinture".

B/ Premières conclusions provisoires:

- vu que les réformes de la sécu mentionnées plus haut devraient faire économiser quelques MILLIARDS d'euros, économies INDISPENSABLES si on veut que le système survive;

- vu que 700.000 euros, c'est "peanuts" pour une représentation diplomatique, que c'est ponctionné sur le budget diplomatie de la France, qui, s'il est parfois outrancier (dans les rapports avec les petits pays ou les petites dictatures par exemple: lors de la réception du président Mugabe (officiellement adorateur d'Hitler) ou lors des déplacements des ministres divers auprès de feu leur ami Saddam), n'a rien a voir avec le budget de la sécu. De plus, la campagne de com pour récupérer l'image désastreuse de ministres français logeant dans une "Formule Un" chinois de la Banlieu de Pékin aurait couté certainement beaucoup plus que 700.000 euros.

- vue que 700.000 euros pour 180 personnes pour une semaine, ça veut dire: 555 euro par jours et par personnes, soit.... le prix du billet d'avion (prix classe affaire négocié: 2000 euros) +269 euros/jours pour les taxis+hotel+ divers, ce qui rien que pour le fameux "hotel le plus luxueux de pékin", fait un hotel à moins de 200 euros par jours si on considère que nos ministres ne reçoivent aucune rémunération et aucun perdiem pour ce déplacement! Osons donc le dire: 180 personnes et haut dignitaires une semaine à Pékin pour une conférence internationale, le tout ayant un cout de 700.000 euros, et bien c'est vraiment PEU, et cet effort budgétaire, contrairement à ce qu'aurait voulu faire croire le Canard par une lecture trop rapide de ce qu'il appelle (ça le regarde) "article de presse", est à mettre au crédit d'un gouvernement qui EN EFFET, fait attention à ses dépenses, LUI.

Une rapide recherche sur internet nous montre que les "hotels les plus luxueux de Pékin" affichent des prix dépassant aisément les 1000 euros par jour, ce qui est très loins du budget de nos "dignitaires". (cherchez vous même sur google les plus "prestigieux hotels de Pékins")

Mais le "canard" à l'habitude de cette époque sombre ou le savoir n'était que le privilège de quelques uns qui décidaient qui étaient cultivés et qui ne l'étaient pas, et donc qui "pensaient mal" et avait de ce fait besoin d'une petite rééducation, si possible en camp, tels que les ex-amis khmers de la rédaction du Canard avaient su le faire. Aujourd'hui, on a google, et ça les emmerde au plus au point! alors il sont obligé de faire dans ce qu'ils croient être la finesse pour dispenser leurs mensonges. Mais on a aussi Excel pour refaire les calculs ! Na !

C/ Reprise dans le texte des inepties de ce torchon qui ne vaut même pas les cellules de peau morte que j'use sur mon clavier pour démontrer son extrème médiocrité.

Allez, on y va !

A méditer, [ça commence mal: le canard nous informe qu'il va taper dans la haute philosophie, il nous prévient que notre vie va changer après lecture de ce que nous appelerons par respect pour les forêts rasées pour fournir le papier à ce torchon, "L'article" ]

En 2005 Nous allons devoir donner un euro non remboursé de notre poche, nous allons être très contrôlés [ admirez comment une "chasse aux abus" -et des abus il y en a, dénoncés par tous ceux qui se lèvent tôt le matin pour aller bosser- devient, dans la sémantique du canard, un "très controle", avec des sous-entendus policier, bien sûr, voire dictatoriaux, faisant appel dans l'inconscient collectif à ce que l'on appelle pudiquement "les heures les plus sombres de notre histoire"! Il commence fort le Canard! Y aurait-il des journalistes au canard qui prennent des congés maladies les vendredis du moi de Mai??? ] lors de nos arrêts maladie, nous allons devoir consulter un généraliste avant d' aller voir un spécialiste... [ ce n'est ni systématique ni obligatoire, et pas si simple, mais on continue à présenter ça comme une obligation péremptoire de l'équipe raffarin-sarko et de leurs CRS qui vont vous suivre jusque dans les salles d'attente du Docteur de famille, faisant s'il le faut peur à vos pauv' enfants! ]

Toutes ces mesures pour "soi-disant" réduire le trou de la Sécu !!! [Toutes, ça ne fait que 2!!! et "soi-disant"... ben oui pauvre naze! on verra bien si ça marche! au moins il y en a qui essayent pauvre truffe! . Ils proposent quoi au Canard: Nationaliser Bouygues télécom et toutes les grandes entreprises dont "les profits valent mieux que nos vies" pour payer leurs arrêts de travail "autorisés sans justificatifs" consécutifs aux 37,5 degrès que mon thermomètre de bobo parisiens ayant fait la fête jusu'à 4h en semaine me montre, à mon grand désarroi, à mon lever à 10h du matin dans le quartier latin, 6000 euros le m² soit-dit en passant ? ] hé bien lisez ce qui suit, et vous vous ferez votre opinion... [ erreur de frappe: vu les manipulations et les mensonges qui suivent: vous vous ferez LEUR opinion ]

" La Sécu fait la bombe à Pékin " (Le Canard Enchaîné 22/09/04)"

Quelques semaines à peine après l' adoption par le parlement du plan Douste-Blazy sur la Sécu, 180 dirigeants français des caisses de protection sociale ont séjourné, aux frais de la princesse [budget diplomatique, dont nous avons déja parlé plus haut. Mais "frais de la princesse" est plus flou, plus démago, souvent employé par Poujade puis par le LEPEN des premières heures, en effet, et plus dans le ton des relans populistes de ce torchon, qui se montre grand défenseur des équilibres budgétaires quand certaines dépenses ponctuelles sont pronées par ceux qui ne sont pas ses copains] , dans les plus luxueux hôtels de Pékin [Douste Blazy dans les vieux dortoirs des amis du socialismes, des années 70, c'aurait été tellement plus drôle, c'est sûr... mais le caractère "luxueux" et surtout "les plus luxueux" des fameux hotels a été largement mis en lumière dans mon point (B).]

Motif : participer à l'assemblée générale de l'association internationale de sécurité sociale qui se tenait du 12 au 18 septembre, dans cette fameuse patrie des droits de l' homme. [un colloque international comme il y en a beaucoup ! Mais tout à coup le Canard se souvient que les droits de l'homme, c'est un fait, n'y son guère respectés.

L'argument est facile mais quand mon me tend une perche si belle je ne resiste pas: c'est bien le Canard dont les éditorialistes et journalistes étaient majortairement Maoistes à l'époque de Mao, quand les "droits de l'homme" étaient scrupuleusement respectés à coup de dizaines de millions de morts (j'ai bien écrit DIZAINES DE MILLIONS DE MORTS) dans divers laogaïs ou dans les guirlandes "d'opposants" (autrement dit, "libéraux" un opposant à un régime socialiste est un "libéral", hé oui!) empallées les uns derrières les autres, formant ainsi de jolies guirlandes sous les ponts de Pékin lors du "grand bon en avant"..... Ah, mais c'est vrai, dans le quartier de l'Odéon, "on ne savait pas!".

Aujourd'hui, ces exactions de sont plus d'actualité, et il n'y a guère que quelques maoistes endurcis (ce dont je n'accuse pas les rédacteurs du Canard, soyons honnètes, NOUS!) pour les regretter. Toutefois, les anciens maoistes, si aveugles quand les morts se comptaient par millions sous un régime socialiste, retrouvent très curieusement un regard beaucoup plus affuté quand ces morts se comptent par milliers (ce qui est encore quelques milliers de trop, mais un progrès indéniable) et organisés par un système s'OUVRANT CHAQUE JOURS DAVANTAGE A L'ECONOMIE DE MARCHE.... C'est surtout ça qui est insuportable pour nos vigilant journaleux, non?

Je ne me souvient pas que le Canard se soit beaucoup montré grand défenseur des droits de l'homme dans son soutien inconditionnel du régime Saddammite face à l'intervention de l'ultra-libéralo-pétrolo-finanço-machin-choses (baaaah! caca !) de ces salopards de gros américains débiles et non cultivés (tiens, des petits camps khmers par la bas..... ). Pourtant, demandez à un chrétien irakien, à un kurde irakien, ou à n'importe quel oposant à saddam irakien (soit 90% des irakiens) ce qu'ils pensent des droits de l'homme en Irak jusqu'en Mars 2003... C'est édifiant! Mais le Canard à la vigilance sélective. Ca dépend des cas, ça dépend des pays dans lesquels se déplacent les ministres de DROUATE. ]

Un millier de délégués représentaient 130 pays dont 30 Allemands, 25 Américains, et pas moins on l'adit de 180 Français. À croire que la France est fière d' exhiber son trou de la Sécu devant le monde entier.!!!!! [c'est à mon avis le seul intérêt (et le mot est grand, puisqu'il enfonce une porte ouverte) de cet article: le mammouth français n'est pas que dans l'éducation nationale, il est aussi dans la sécu et l'ensemble des ses administrations, et ça ne date pas d'hier. On ne compte plus les experts fonctionnaires ou semi-fonctionnaires payés un fric fou à ne rien faire, indéboulonnables, mis en place en général par leurs pairs, sans obligation de résultats. Pour m'y être frotté un paquet de fois, ces gens là ne sont pas de grand soutiens de la DROUATE, puisqu'ils ne mordent pas les mains qui les ont nourris (et placé là) : les syndicats, et principalements les successifs gouvernement de gauches. Beaucoup de syndicalistes CGT / FO / CFDT finissent leur carrière discrètement sur de tel postes, se préparant ainsi une confortable retraite ]

Le premier jour (le 12) les travaux ont été ouverts à 16h30 pour se terminer par un cocktail à 18h.Les 13, 14, 15 et 16 septembre ont été réservés à des cogitations techniques de commissions techniques [ autrement dit ils ont bossé EN REFLECHISSANT !!! le Canard appelle ça "cogitations techniques "! MDR ! Les journaleux du Canard ne vont quand même pas reprocher aux participants d'un séminaire de travailler en tant que spécialistes, autrement dit dans un langage qu''un branleur de journaleux bobo prétentieux ne comprendra jamais! Si ce dernier avait au moins la modestie de reconnaitre la limite de son intellect face à ce qu'il faut appeler un "discours de spécialiste"... mais non. Il ne s'agit là que de "cogitations techniques"... comprenez "branlette intellectuelle".... ha... les camps khmers.... au moins c'était simple ! ]

...a permis aux congressistes, peu intéressés par ces bavardages, de s'initier aux beautés de la cité interdite. [je fatigue devant tant de médiocrité, mais si le journaleux vigilant avait dépassé BAC+3, il saurait que dans n'importe quel congrès scientifique, 50% de l'intérêt dudit congrès réside dans les relations qui peuvent se forger à cette occasion entre chercheurs et/ou décideurs qui ne se seraient jamais rencontrés sans ça. C'est pour ça que ces congrès se déroulent en général à Pékin, à Iguazu, à Santiago, et rarement à la Courneuve. ]

De même n' était-il pas indispensable de consacrer son après-midi du 17 à suivre l' exposé sur la sécurité sociale chinoise. [ le ton est ironique et est suposé appeler au sourire: "les chinois" ! "un système de sécu "! mais vous n'y pensez pas ma brave dame! Ces gens là sont tout juste bons à nous empester avec leurs restaux qui pullulent dans tout Paris, où on y mange du lévrier servi dans des sauces douteuses, chacun sait ça!" Racisme habituel du bobo, qui va tolérer les islamo-fascistes au nom du relativisme culturel, mais qui ne supporte plus les chinois depuis que ces derniers ont quitté leurs rizières pour se mettre à l'économie de marché.

Dans le cas qui nous intéresse, ayant fait ma thèse sur les sytème de retraite en Chine, je prétend avoir plus d'information que ce nabot qui se prend pour un journaliste, et je peux dire que les chinois savent faire autre chose que du canard laqué: ils savent gérer des problèmes- entre autres- de réformes de système de retraites, infiniment plus importants et préoccupants que les notres, au prix de mise en place systèmes à la fois courageux et ingénieux, et qu'il serait bon à nous, français, d'observer ne serait-ce qu'une après midi "aux frais de la princesse"... Donc, l'ironie doit faire place à la modestie, et OUI, il ETAIT en effet INDISPENSABLE, et c'était bien un MINIMUM d'assister à cette après midi sur les sytème de sécu chinois. Vous ne verrez plus jamais le 13eme arrondissement comme avant ! ]

Enfin, les débats, qui devaient en principe se clore le 18 ont pris fin la veille... pour avoir quartier libre le 18. [duplicata de la plaquette svp... désolé mais vu ce qui précède, je ne fais plus confiance en l'intégrité journalistique" du scribouillard !]

Coût du séjour des fonctionnaires de la sécurité sociale française 700000 euros [ce qui est exceptionnellement bas comme on l'a vu plus haut]

"Je suggère de faire suivre ce type d' informations à toutes vos connaissances et de leur donner le même conseil. Un petit copier/coller surla totalité du message, y compris cette partie, c' est vite fait !Bien sûr, l' inconvénient c' est qu' on encombre la messagerie avec de tels messages. Mais finalement moins que les spams et les virus ?L' inconvénient c' est qu' une fois lancé ce message risque de circuler pendant longtemps sans contrôle.Mais pas autant que le trou de la Sécu. L' avantage, c' est qu' à force d' être diffusé, il finira bien par arriver sur la messagerie de responsables de la Sécu, ou de politiciens qui sont censés passer leur temps à gérer l' argent des contribuables, pas à le digérer....Alors l' un d' eux se sentira peut-être rougir.

On peut rêver non !

[je suggère, dans la forêt de messages aussi désinformatoires et orientés que celui que nous venont de "détruire", que vous postiez à ceux qui vous l'on envoyé cette réponse, faisant ainsi preuve, outre d'une cyber-vigilance très bon marché, d'un tout petit peu de présence de couilles, puisque ce n'est jamais facile de lutter contre les démagogues, surtout lorsque ces derniers ne sont pas officiellement dénoncés comme tels ! Attention: vous risquez de perdre des amis, de vous faire traiter de réactionnaires à la solde du medef (ça n'a rien a voir mais c'est en général ce qui arrive quand on critique le Canard)... mais au moins vous vous serez acheté un courage de citoyen vigilant qui ne sera pas en solde, 3eme démarque ! ]

Cordialement,
[cordialement envers vous, avec l'expression de mon infini mépris pour le scribouillard du Canard]

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samedi, mars 12, 2005

 

De l'éducation des masses

La notion d’éducation sent de plus en plus mauvais dans notre pays. L’école publique obligatoire de Ferry aura peut-être été une grande avancée, une clé de la compréhension du développement de notre pays, même si d’autre pays ont réussi par d’autres moyens.

Mais l’éducation est aujourd’hui devenue l’otage de la bonne pensée, et donc (je dis bien DONC, faisant par là une relation de cause à effet) des velléités totalitaires et liberticides, parfois inconscientes, qui rongent les pays de ce rivage de l’Atlantique.

Prenons pour commencer l’exemple d’un livre dégoulinant de bonne pensée pure, inattaquable, lisse comme un miroir : Tahar Ben Jelloun, "Le racisme expliqué à ma fille".

Auteur d’origine Marocaine, très « concerné » par le racisme, magnant la plume avec une certaine virtuosité et diplômé de philosophie, donc incontestablement une autorité morale en matière de géopolitique, géostratégie, et pourquoi pas économie politique, il ramassera une petite fortune (tant mieux pour lui, là n’est pas la critique) avec 60 pages et 1 idée simple : "Le racisme expliqué à ma fille".

La sélection des passages suivant n’est pas de mon fait, mais de l’auteur du site


http://www.racismeantiblanc.bizland.com/

Je reprends son travail de sélection, mais dans un autre usage.

Les journalistes :

- L'autre jour, à la télévision, quand il y a eu des attentats, un journaliste a accusé l'Islam. C'était un journaliste raciste, d'après toi ?
- Non il n'est pas raciste, il est ignorant et incompétent.

Céline, la petite française, et ses parents :

- Moi, je ne veux pas vivre avec Céline, qui est méchante, voleuse et menteuse…
- Tu exagères, c'est trop pour une seule gamine de ton âge !
- Elle a été méchante avec Abdou. Elle ne veut pas s'asseoir à coté de lui en classe, et elle dit des choses désagréables sur les Noirs.
- Les parents de Céline ont oublié de lui faire son éducation, peut être parce qu'eux même ne sont pas bien éduqués.

L'institutrice :

- L'institutrice nous a encore dit l'autre jour qu'Abdou, qui vient du Mali, était de race noire.
- Si ton institutrice a vraiment dit cela, elle se trompe. Je suis désolé de te dire ça, je sais que tu l'aimes bien, mais elle commet une erreur et je crois qu'elle ne le sait pas elle-même.
Avant d’aborder à proprement parler la « prise en otage » de l’éducation, notez comment l’auteur, qui intitule lui-même sont livre « Le racisme expliqué à ma fille » n’admet pas l’utilisation du terme « race » dans la bouche des autres (des gens « racistes, justement,…. On a du mal à comprendre tellement le terrain est glissant)

Dans les trois cas, l’explication première du délit (oui, puisqu’il s’agit désormais d’un délit), est, vous l’aurez compris : le-man-que-d’é-du-ca-tion ! Ceci se traduit par de l’ignorance, de l’incompétence, des parents mal éduqués qui éduquent mal leur fille, etc.

Ceci présente une foule d’avantage :

1- On notera l’immense mansuétude de la victime : Tahar n’en veut aucunement à la personne raciste. Il est magnanime. Lui, l’immigré ayant réussi dans l’adversité, pardonne au petit bourgeois ayant bénéficié de l’école gratuite depuis 4 générations de ne pas être aussi éduqué que lui. Peut-on imaginer d’avantage de tolérance, de pardon, de magnanimité ?

2- La solution au problème est pourtant simple et consensuelle : par l’éducation, le savoir (ce qui présuppose l’existence d’une Vérité Unique, l’absence de relativisme, concept propre à la religion musulmane) conduit « logiquement » à une et une seule conclusion possible et acceptable : la tolérance, l’égalité des hommes, des cultures, des religions (notez : on n’est pas de « race noire », mais le dire est « raciste », critiquer l’Islam est « raciste »), bref : ne pas adhérer totalement au relativisme culturel, c’est ça qui fondamentalement est du racisme (concept qui en revanche, n’appartient aucunement à la religion musulmane, pourtant peu taxée de « racisme » par l’auteur). Message pervers : se servir de l’absolutisme pour imposer le relativisme !

3- Qui dispense l’éducation, qui a le rôle fondamental de dispenser la Vérité ? Certainement pas les parents, trop souvent mal éduqué… L’institutrice ? Oui, mais elle peut encore faire des erreurs. Les « intellectuels » ? On approche de la solution. Tous ne sont pas fréquentables ! N’oubliez pas le « rappel à l’ordre » !

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Exit les intellos comme Houellebecq, Dantec, Glucksmann (tien, un juif !) ou Finkielkraut (tiens, encore un juif !) , et je ne parle pas des Millière ou des Salin….

Non, un bon intellectuel arabe, musulman, lui il a la vérité. La Vérité sur le relativisme absolu. C’est cela que l’on doit enseigner dans les écoles. Et les fonctionnaires s’exécutent. Docilement. Quand les étudiants arrivent e, première année de fac, ils sont parfaitement formatés.

« Les arabes sont nos amis », ils ont compris le message. Un peu trop parfois.

On a oublié au passage d’autres victimes qui n’ont pas eu la chance d’avoir leurs auteurs francophones, comme les chinois par exemple. Ces derniers, en nombre croissant dans nos universités pour raisons de coopération et donc des raisons budgétaires, n’ont jamais été peints en tant que « victimes ». Donc l’étudiant formaté peut se lâcher sur eux. Et de critiquer leur « odeur », leurs valeurs, leur niveau scolaire, leur « dentition », etc., sans aucune forme de mauvaise conscience.

Je ne parle même pas des américains (il n’y en a pas, heureusement pour eux, dans l’université où je travaille), et des propos que nos étudiants « formatés » s’autorisent sur eux sans imaginer une seconde qu’il puisse s’agir de « racisme ». C’est simple, une collègue professeur d’anglais m’a confié qu’elle a été obligée de ne plus du tout parler des Etats-Unis dans ses cours afin de ne plus déchaîner les passions et les propos haineux.

Mais peu importe, 90% de l’objectif est atteint : à 18 ans, on aime les noirs et les arabes, quitte à caricaturer l’américain en gros obèse intégriste baptiste ne sachant pas placer la France sur une mappemonde. Cet américain là, caricaturé à souhait, est bien entendu supposé être…profondément raciste. L’accusation elle, préjugé très général, ne l’est pas bien sûr !

Ceux qui poursuivront des études universitaires rencontreront peut-être, pour la première fois de leur vie, des enseignants de droite, voire même, s’ils ont de la chance, des enseignants libéraux n’obéissant pas aux diktats du relativisme généralisé, mais leurs cours sont en général désertés car l’Unef se charge très promptement de faire courir le bruit que le professeur X… serait… d’extrême droite ! ! Ce qui ne manque pas d’alimenter les conversations et d’éveiller chez certains des vocations de résistants à bon marché. Rappelons nous de l’affaire Pascal Salin lorsque ce dernier a été nommé président du jury de l’agrégation du supérieur en économie. Même Attac% s’est fendu d’une manifestation vigilante. L’éducation (enfin, n’exagérons rien, le président du jury de l’agreg du sup en éco, ce qui concerne 15 nominés par an !) tombait aux mains du libéralisme ! Fini, donc, le relativisme !

Car ne nous y trompons pas : une des raisons de la détestation du libéralisme (et par voie de conséquence des américains et de leur intervention en Irak, en Afghanistan, bientôt en Iran et en Syrie) n’est pas uniquement la facette « économique » de ce dernier. La raison profonde, c’est que le libéralisme accepte profondément la différence, donc l’inégalité (l’inégalité première est celle de l’individu devant son propre talent, et aucune redistribution étatique n’y pourra jamais rien). Par voie de conséquence, le libéralisme accepte une forme de darwinisme, plus ou moins maîtrisé. Mais ce libéralisme, par essence même, a la fâcheuse habitude de faire avec ce qui est, et non avec ce qui devrait être.

Cela explique ses réussites incontestables, mais cela empêche également le quidam ou l’incapable de dissimuler son échec derrière l’autre, derrière la société. Cela responsabilise. Cela souligne le prix à payer de la liberté : la responsabilité.

Il n’y a pas de liberté sans responsabilité. Il n’y a pas de responsabilité sans maturité. Il n’y a pas de maturité sans cessation du processus étatique d’infantilisation des masses, sous le prétexte « d’éducation ».

Car comment « éduquer » les adultes dits « racistes » ?

Tout d’abord identifier les « racistes ». On en a déjà fait la démonstration : est raciste celui qui ne cède pas corps et âme au relativisme culturel le plus absolu. Dans un premier temps, à défaut de les « rééduquer », les faire taire ! Pour cela, la « presse aux ordre » se charge de « dénoncer » rapidement tout débordement d’homme politique, d’artiste, de professeur, de chef d’entreprise. Le « rappel à l’ordre » cité plus haut en témoigne.

Ensuite, les dissuader irrémédiablement de toute récidive, ou de toute manifestation de darwinisme. L’entrepreneur qui échoue n’a plus qu’à se faire sauter le caisson, celui qui réussi n’a plus qu’à se cacher.

Enfin, « panem et circences » : les faire se fondre dans la masse, quand l’Etat bienveillant le souhaite, de la manière dont il le souhaite. Participer aux « nuits blanches », « fêtes de la musique », « fêtes du cinéma », « fêtes de l’amitié entre les peuples », etc. Nous sommes tous égaux, sans soucis, dans la médiocrité certes, mais sans soucis !

Et quand un autre pays ne suit pas le pas de danse mais constate que toutes les cultures ne se valent pas, que certaines sont plus dangereuses que d’autres, qu’elles pourront un jour nous menacer, nous ou nos enfants, qu’elles pourront attenter à nos libertés, nos vrais libertés fondamentales (pas nos multitudes de « droits à » - téléphone, voiture, travail au Smic, etc), nos libertés de choisir ce que l’on fait de sa vie, nos libertés de dire ce que l’on pense etde penser ce que l’on veut, quand un autre pays ne suit pas disais-je, on manifeste tous ensemble contre ledit pays.

Que Tahar se rassure, quand 90% d’un peuple pense la même chose, alors qu’un autre peuple est lui, divisé à 50/50 ou même 40/60, c’est que dans le pays où règnent les 90%, le relativisme a gagné. L’éducation des masses a gagné. Tout le monde pense la même chose. Tout le monde condamne les mêmes propos ou action, l’individu a vendu sa liberté contre sa tranquillité.

L’individu a vendu son âme au Diable : contre quelques décennies de tranquillité, il ne marquera jamais son passage sur cette planète, personne ne se souviendra de lui, il n’aura rien fait de grand, il tombera, lui et les siens, lui et sa « civilisation », lui et son pays, dans les limbes de l’histoire.

L’Education est cette main droite du Diable.

 

Photos de Vacances

L'iran se démocratise, parait-il:




Album de famille



 

Mars, ça repart!

On apprend que GWB change le patron de la Nasa:

WASHINGTON (AFP) - Le président américain George W. Bush a nommé vendredi un nouveau patron pour la Nasa, Michael Griffin, pour mener à bien son ambitieux programme d'exploration spatiale et alors que l'agence spatiale doit reprendre ses vols de navettes à partir de la mi-mai.Michael Griffin, 55 ans, qui est actuellement responsable du département des études spatiales au laboratoire de physique appliquée de l'université Johns Hopkins (Maryland, est), remplace Sean O'Keefe qui avait démissionné en décembre, a annoncé la Maison Blanche.
M. Griffin va prendre ses nouvelles fonctions alors que M. Bush a fixé à la Nasa un vaste programme d'exploration spatiale avec l'objectif de retourner sur la Lune à partir de 2015, pour préparer des missions humaines d'exploration d'autres planètes du système solaire, notamment sur Mars.


Pour mener à bien ces nouvelles ambitions qui suscitent le scepticisme de certains experts, Sean O'Keefe avait annoncé en juin une restructuration de l'agence spatiale pour la rationaliser et la transformer en une "agence plus réduite, plus orientée" sur l'essentiel, comme l'avait recommandé une commission d'experts.

Pour financer tous ces projets, la Nasa a obtenu en novembre une augmentation de 800 millions de dollars de son budget pour 2005, soit une enveloppe de 16,2 milliards de dollars, après une décennie de stagnation.

En février, le président Bush avait réaffirmé ses ambitions spatiales à long terme dans le projet de budget 2006 en requérant une hausse, rare en période de réductions budgétaires, de l'enveloppe de la Nasa.

Fort des succès des robots Spirit et Opportunity sur Mars, l'agence spatiale va mettre au point des missions robotisées d'exploration lunaire dès 2008 pour préparer l'arrivée des astronautes sur la Lune.

La Nasa prévoit le lancement d'une navette entre le 15 mai et le 3 juin. Les navettes spatiales étaient clouées au sol depuis l'accident de Columbia qui s'était désintégrée au moment de son entrée dans l'atmosphère le 1er février 2003 à l'issue d'une mission de 16 jours.

Après la catastrophe, un rapport accablant pour la Nasa détaillait ses erreurs et l'érosion des procédures de sécurité depuis le précédent accident, l'explosion de la navette Challenger en 1986.

La reprise des vols a déjà été plusieurs fois reportée pour pouvoir répondre aux conditions de sécurité requises par le comité d'enquête sur l'accident mais aussi en raison des dégâts subis par les installations de la Nasa en Floride (sud-est) lors du passage de quatre cyclones en septembre.

La reprise de ses vols devrait permettre à la Nasa d'achever l'assemblage de la station spatiale internationale (ISS) pour 2010, date prévue aussi de la mise à la retraite de la navette spatiale après 30 ans de service.

L'agence spatiale doit aussi assurer le développement du nouveau véhicule spatial habité dit "Crew Exploration Vehicule/CEV" dont le premier prototype devrait faire un vol d'essai dès 2008 et entrer en service en 2014.

En revanche, la Nasa a supprimé, dans son projet de budget 2006 les fonds nécessaires pour une mission nécessaire au prolongement jusqu'en 2010 du fonctionnement de Hubble, le premier télescope de l'espace.

M. Griffin a également occupé les fonctions d'ingénieur en chef de la Nasa et adjoint de la division technologies pour l'initiative de défense stratégique lancée par l'ex-président Ronald Reagan.

Comme j'en faisais mention dans un post précédent, n'en déplaise aux Européens, l'Amérique repart de plus belle, avec des défis de taille, auxquels quelques fameux "experts", nous dit-on, ne croient pas... ou ne veulent pas croire, ne peuvent pas croire.

L'Europe et les USA:

Deux notions de l'avenir. Deux notions de l'avenir de l'espèce. Rien de moins. Deux visions des priorités, des défis à relever, des sacrifices à faires (ou ne pas faire).

L'un reste debout face à la bête immonde, cella qui fut brune, puis rouge, aujourd'hui verte. Elle investit dans l'avenir avec prétention, car il faut être prétentieux pour réussir de grande choses.

L'autre est un vieillard moribond. Elle courbe l'échine et tente de se convaincre que "jusqu'ici tout va bien". Voici le spectacle quasi quotidien que nous présentait, aujourd'hui comme tous les autres jours, les deux rives de l'atlantique:

Rive ouest:





Rive Est:



jeudi, mars 10, 2005

 

top 5 - flop 5

Le top 5 de ces derniers mois (les trucs les plus chouettes !)

1- Réélection triomphale de GWB
2- La gueule de bois mémorable des français le 3 novembre
3- Le retrait de la Syrie du Liban
4- Le "départ" d'Arafat
5- Les élections en Ukraine

Le flop 5 de ces derniers mois (les trucs les moins chouettes !)

1- le Tsunami, évidemment !
2- le décès de J. Villeret
3- les (très) fortes chances de Paris de recevoir les JO
4- le silence assourdissant des médias consernant la détention (vacances?) de Chesnot et Malbrunot, pétants de santé à leur descente d'avion, et de leur ami et chauffeur syrien (réfugié politique sous Saddam), portant plainte contre les USA et non contre ses "ravisseurs".
5- la (toujours) bonne santé de N. Mamère et J. Bové.

L'image du mois:


 

Les Zazous d'Econoclaste

Peut-être connaissez vous le site "Econoclaste"

http://econo.free.fr

Ils sont un peu à l'Economie ce que le "Canard enchainé" est à la politique: on dit des choses sérieuses, et on fait passer le message derrière l'humour, on zappe de l'un à l'autre comme une savonette, ça évite les justifications.

Ce site rencontre un succès certain. Il est très fréquenté. Il distille pourtant derrière d'apparentes "rigueurs" intellectuelles (notez dans "qui sommes nous" les CV des fondateurs du site. C'est la première fois que je vois ça ! Comme si c'était un argument...)

Exemple de distillation très très con:

http://econo.free.fr/scripts/faq2.php3? … 0530174811

Les américains sont-ils plus riches que les français ?

Il y a deux types de classements comparant la richesse française et américaine:
- ceux qui comparent le rappport etre parité de pouvoir d'achat (ie, le taux de change qui fait que la vie vous coûte aussi cher ici et aux USA) et le taux de change officiel. Elle conclucent toutes au fait que le dollar est surévalué : une fois que les marché se seront rendus à l'évidence (en suivant notamment ce que dit Greenspan, ie qu'il est un peu incantatoire d'espérer que les USA s'ne tirent toujours plus vite et mieux que le reste du monde), l'écart s'estompera. Souvenez-vous du Japon ...
- ceux qui comparent le richesse produite par tête ou opar heure travaillée, en parité de pouvoir d'achat (il est idiot de le faire en taux dechange car si on veut comparer le 'bonhgeur' il faut traduire en mesure de niveau de vie égal). Ces études montrent que les USA battent la France par tête, mais sont battus par la France en PIB/heure. Autrement dit, la clef de la compétitivité pour la France c'est essentiellement la réduction du chômage. Et ce d'autant plus que l'indicateur de bien-être pertinent n'est pas le PIB/actif, mais plutôt un mix de PIB/actif et de taux d'emploi. D'une certaine façon, il y a donc un double bénéficie à la baisse du chômage.

C'est très con car puisqu'on parle de PIB / heure travaillée, des pays comme le Soudan ou l'ex-Zaire sont , eux aussi, devant les USA ! Il suffit d'une bonne ressource naturelle exploitée par quelques mafieux, un peuple qui ne travaille pas et crève la dalle, et hop! on passe en tête du classement mondial de PIB/ heure !

L'éternelle recherche d'indicateurs nouveaux montrant qu'on est encore, du point de vue de cet indicateur, devant les USA... Le fait qu'ils soient de plus en plus fantasques (ces indicateurs) tend à montrer à quel point la tâche devient impossible.

Pour ceux qui seraient séduits par les explications que donne ce site sur des points d'économie, je voudrais juste faire une petite mise en garde:




« Ce qui est simple est toujours faux. Ce qui ne l'est pas est inutilisable. »
Paul Valéry (1871-1945), Mauvaises pensées et autres, 1942, in Oeuvres, Tome II, Gallimard, Bibliothèque de La Pléiade 1960, p. 864




Quand on prononce le mot « complexité », un ensemble confus de notions affleure : théorie du chaos, théorème de Gödel, principe d’incertitude de Heisenberg, fractales, limites du calcul informatique etc. Chacune est claire dans son domaine propre ; c’est l’accumulation qui crée la confusion. Tentons de donner au mot « complexité » une acception qui la dissipera.

Le monde de la nature (y compris de la nature humaine et sociale) qui se présente à la perception et à la pensée est concret en ce sens qu’il se présente hic et nunc, son individualité se manifestant dans des particularités de temps et de lieu.

Aucune pensée ne peut rendre compte de l’ensemble des propriétés du monde. Il suffit pour s’en convaincre de considérer une tasse de café et de tenter de la décrire. Chacune de ses propriétés relève d’un schéma conceptuel (donc abstrait) : sa forme géométrique, à la précision de laquelle on ne peut assigner de limite ; ses origines culturelles, économiques, industrielles ; sa composition chimique ; la position et les mouvements des molécules, atomes, particules qui le composent, etc. Chaque objet concret assure de facto la synthèse d’un nombre indéfini de déterminations abstraites. Il est en toute rigueur impensable : c’est ce que transcrit l’adjectif « complexe ».

Il en est de même du monde lui-même, ensemble des objets concrets.

Sur chaque objet concret, nous disposons non d’une connaissance complète mais de « vues » dont chacune permet de considérer l'objet à travers une « grille » conceptuelle particulière. Si je ne peux parler d’une mesure précise de ma tasse de café, toute mesure étant grossière par rapport à un ordre de précision supérieur, je peux dire que la mesure est « exacte » si elle me permet de faire sur l’objet un raisonnement exact, c'est-à-dire adéquat à mon action : je peux calculer l’ordre de grandeur de sa densité à partir de mesures approximatives de sa masse et de son volume, inférer de l’examen de sa composition chimique une évaluation qualitative de sa fragilité … ou simplement boire mon café.

L’objet étant sujet à un nombre indéfini de déterminations, il existe un nombre indéfini de « vues » logiquement équivalentes. Cependant certaines seront plus utiles en pratique pour un sujet placé dans une situation particulière, que ce sujet soit individuel ou social : ce sont les vues en relation avec l’action du sujet, avec l’articulation entre sa volonté et l’objet considéré comme obstacle ou comme outil. Ces vues-là sont « pertinentes » ainsi que les observations et raisonnements que le sujet peut faire en utilisant les catégories selon lesquelles elles découpent l’objet.


Exemples:

Le spectacle d’une rue conjugue des déterminations historiques, architecturales, sociologiques, économiques, urbanistiques, physiques, esthétiques etc. Cependant le conducteur d’une automobile limite son observation à quelques éléments : signalisation, bordures de la voie, obstacles dont il estime la vitesse et anticipe les déplacements. Cette grille fait abstraction de la plupart des aspects de la rue mais elle est adéquate à l’action « conduire l’automobile ». Le conducteur qui prétendrait avoir de la rue une représentation exhaustive saturerait sa perception et serait un danger public.

Nous trouvons « naturelles » nos grilles habituelles, nous qualifions d’« objectives » les observations réalisées selon ces grilles. Pourtant la façon dont la pensée découpe ses concepts évolue selon les besoins et elle est, en ce sens, subjective :

1) La classification des métiers et niveaux de formation, « concrète » pour les personnes dont elle balise la carrière, n’a rien de naturel : la catégorie des « cadres », qui appartient au langage courant en France, n’existait pas avant les classifications Parodi de 1945.

2) La classification des êtres vivants a évolué de Linné, Jussieu et Darwin à la « cladistique » contemporaine. Fondée sur la comparaison génétique, cette dernière introduit des bouleversements : le crocodile est plus proche des oiseaux que des lézards ; les dinosaures sont toujours parmi nous ; les termes « poissons », « reptiles » ou « invertébrés » ne sont pas scientifiques.

3) Les classifications de l’industrie ont pris pour critère au XVIIIème siècle l’origine de la matière première (minérale, végétale, animale) conformément à la théorie des physiocrates. Au milieu du XIXème siècle les controverses sur le libre échange ont conduit à un découpage selon l’usage du produit fabriqué. A la fin du XIXème siècle, le critère dominant fut celui des équipements : le souci principal était l’investissement. Depuis la dernière guerre les nomenclatures sont construites de façon à découper le moins possible les entreprises (« critère d’association ») car l’attention se concentre sur les questions d’organisation et de financement.

4) Au XVIème siècle il paraissait normal de regrouper les faits selon des liens symboliques : pour décrire un animal le naturaliste évoquait son anatomie, la manière de le capturer, son utilisation allégorique, son mode de génération, son habitat, sa nourriture et la meilleure façon de le mettre en sauce. Plus près de nous, il a fallu du temps pour réunir les phénomènes magnétiques et électriques, puis reconnaître la nature électromagnétique de la lumière.

6) Dans l’entreprise, les classifications des produits, clients, fournisseurs et partenaires, ainsi que la définition des rubriques comptables, évoluent avec les besoins. C’est pourquoi le référentiel de l’entreprise est centrifuge : sans contrôle, il se dégrade en variantes et les données deviennent incohérentes. L’insouciance de la plupart des entreprises en matière d’administration des données résulte d’une erreur de jugement : comme on croit les classifications « naturelles », on ne voit pas à quel point elles sont instables et on sous-estime l’entropie qui mine la qualité du système d’information.

Les grilles à travers lesquels nous percevons le monde nous en donnent une vue sélective ; il s’agit d’un langage qui évolue plus ou moins vite selon les domaines (les classifications de la science ou de la vie courante changent moins souvent que celles de l’entreprise). Ainsi le cadre conceptuel que nous utilisons est construit ; il porte la trace de choix pour partie intentionnels, pour partie conventionnels. Cela ne veut pas dire que les faits eux-mêmes soient construits, comme le pensent trop vite les apprentis philosophes.

En effet si tout cadre conceptuel, même pertinent, reflète le monde de façon partielle, ce reflet n’en sera pas moins authentique. L’automobiliste qui arrive à un feu de signalisation ignore les détails de l'architecture des immeubles alentour mais il voit ce feu, ce qui lui permet de l’interpréter et d’agir. Même si sa grille ne lui révèle pas la Vérité du Monde, elle lui permet de savoir si le feu est vert, orange ou rouge. La couleur du feu ne relève plus alors d’une hypothèse mais constitue un fait d'observation dont il peut et doit tirer les conséquences pratiques.

Si aucune observation ne peut être exhaustive, elle peut être exacte, suffire pour alimenter un raisonnement exact. Celui-ci peut très souvent se satisfaire d’ordres de grandeur, ce qui détend l’exigence de précision. La réalité, si elle n’est pas pensable dans l’Absolu, est ainsi en pratique pensable pour l’action, pour vivre dans le monde et y graver nos valeurs, comme nos ancêtres ont gravé les symboles de leurs mythes sur les parois des grottes.


Où est-ce que je veux en venir? Quel rapports avec "Econoclaste" ?


Le monde de la pensée, des concepts et propositions que l'on peut échafauder en obéissant au principe de non contradiction, est complexe : il est impossible d'en rendre compte à partir d'un nombre fini d'axiomes. Cependant toute pensée explicite, même subtile, est simple - non dans son processus d’élaboration, qui étant concret est complexe, mais dans son résultat. Alors que tout objet concret relève d’un nombre indéfini de déterminations, toute pensée explicite s’exprime selon un nombre fini de concepts. Toute pensée visant à l’action met en œuvre un modèle (ou théorie) constitué par le couple que forment d’une part un découpage conceptuel de l’observation, d’autre part des hypothèses sur les relations fonctionnelles

Que le modèle soit formalisé, explicite, pertinent ou non, cette démarche est générale. Toute observation est une mesure selon une grille définie a priori ; tout raisonnement suppose que l’on prolonge cette mesure en postulant des relations fonctionnelles entre les concepts : en économie, la consommation sera fonction du revenu, ce qui implique un comportement d’épargne etc.

Le monde des modèles, le monde de la théorie, c’est le monde de la pensée pure. Elle met le monde réel entre parenthèses. Le monde de la pensée est aussi celui de nos artifices, jeux, langages de programmation et programmes informatiques, de nos machines (en tant qu’objets concrets elles appartiennent au monde réel, mais leur conception relève du monde de la pensée) et de nos organisations (même remarque).

La pensée pure a un but lointain : se confronter avec le réel dans l’expérience lors de laquelle les concepts seront soumis au critère de pertinence, les théories à l’épreuve de la réfutation. Mais il existe un moment où la pensée pure se forme sans être confrontée à l’expérience, se muscle comme le font en jouant les jeunes animaux.

La pensée pure dispose pour se préparer à l’expérience d’une arme puissante : le principe de non contradiction. Toute théorie comportant une contradiction est fausse en ce sens qu’il ne pourra pas exister d’expérience à laquelle elle s’appliquerait. Le monde réel étant par essence non contradictoire, le viol de la logique est contre nature : une chose ne peut pas à la fois être et ne pas être, posséder une propriété et ne pas la posséder. Cela n’exclut pas qu’elle puisse évoluer ou encore posséder des facettes différentes comme une feuille de papier qui serait blanche d’un côté, noire de l’autre : les paradoxes résultent des imprécisions du langage courant.

Le fonctionnement de la pensée pure est un jeu avec des hypothèses. Pour pratiquer cette gymnastique, il faut poser des hypothèses et explorer leurs conséquences, puis recommencer etc. Celui qui ne s’est pas préparé ainsi posera des hypothèses naïves et s’aventurera dans des impasses théoriques que les experts ont appris à éviter. Le but des mathématiques n'est autre que cette gymnastique de l’esprit.

La non contradiction est une garantie de réalisme potentiel. Les géométries non euclidiennes, construites de façon formelle sans souci d’application, ont par la suite fourni des modèles pour représenter des phénomènes physiques. Toute théorie non contradictoire peut espérer trouver dans la complexité du monde réel un domaine d’application (mais le caractère non contradictoire d'une théorie ne garantit pas sa pertinence face à une situation particulière). La pensée pure n’est donc pas seulement une gymnastique : c’est un investissement qui procure des modèles en vue des expériences futures.

La conquête de la pensée pure, c’est l’intelligence, maîtrise du raisonnement qui, partant de données initiales, va droit au résultat. Lorsque l’esprit a parcouru plusieurs fois un raisonnement il l’anticipe comme l’on anticipe les formes et le contenu d’un appartement familier ; il l’enjambe pour en construire d’autres plus généraux, plus abstraits. La portée des raisonnements simples s’élargit alors comme un cercle lumineux. Des champs entiers de la pensée s’articulent à un principe simple conquis par un héroïque effort d’abstraction : principe de moindre action en physique (voir Landau et Lifchitz, 1966, p. 8) ; optimum de Pareto en économie (voir Ekeland, 1979, p. 59) ; « voile d’ignorance » en éthique (voir Rawls, 1971) ; principe de non contradiction en logique et en mathématique (voir Bourbaki, 1966, vol. XVII, p. 2).

L’intelligence, dont le terrain propre est la pensée pure, s'exerce pendant la jeunesse. Certains adolescents sont des mathématiciens de génie comme Galois ou de grands joueurs d’échecs.



Le jeu de la pensée pure reste cependant puéril s’il n’aboutit pas à la confrontation au monde dans l’action.

C'est là que les fondateurs "d'Econoclastes", visiblement, pèchent, et leur CV en atteste.

L’esprit formé au jeu avec des hypothèses trouve ici du nouveau à apprendre : face à la situation concrète à laquelle le sujet est confronté hic et nunc, et compte tenu de sa volonté (vivre et cultiver ses valeurs), que doit-il faire ?

Ne pas agir serait encore une action, fût-ce par abstention. Pour choisir l’action à engager, il faut que le sujet puisse anticiper ses conséquences, donc dispose d’un modèle du monde dans lequel il fera par la pensée intervenir son action.


Il doit alors, dans la batterie des hypothèses avec lesquelles il jouait librement, choisir celles qui représenteront le monde avec exactitude en regard des impératifs de son action. L’expérience oblige alors à renoncer à certaines hypothèses et à en retenir d’autres ; elle tourne le dos à la liberté qui caractérisait la pensée pure. C’est un moment émouvant que celui où l’esprit se courbe sous le joug de l’expérience. Les êtres humains ont longtemps pu se représenter la surface de la terre comme un plan infini, un disque ou une sphère, hypothèses alors également plausibles ; puis la pratique de la navigation et l’expérience de l’astronomie ont imposé la troisième hypothèse.

L’expérience prouve-t-elle la vérité des hypothèses ? Oui, s’il s’agit de faits que tranche l’observation, comme la sphéricité approximative de la terre, la mesure de la distance moyenne entre la terre et le soleil, la date d’un événement. Non, s’il s’agit de relations fonctionnelles entre concepts : lorsque nous postulons la vérité d’une hypothèse causale que l’expérience a validée, nous inférons une proposition générale à partir d’une expérience limitée, et cette inférence n’est pas une preuve.

Il en résulte, selon Popper, que toute théorie doit être présentée de sorte que l’on puisse la réfuter par l’expérience. Le scientifique doit être assez modeste pour préparer dans ses travaux les voies de leur réfutation. Toute théorie construite de façon qu’on ne puisse pas la réfuter est nulle en raison de sa solidité apparente (les faits d’observation sont, eux, irréfutables mais ils ne constituent pas des théories).

Lorsque l'expérience réfute la théorie, elle le fait d’une façon toujours logique mais surprenante. Ces « surprises » sont son apport le plus précieux.

Le mot « expérience » ne doit pas être réservé à l’expérience contrôlée en laboratoire : la démarche expérimentale peut et doit s’étendre à la vie entière. Dès que nous percevons, nous appliquons à la sensation une grille qui permet d’identifier les êtres perçus (celui qui voit « des fleurs » ne voit pas la même chose que celui qui voit « des épilobes, des ombellifères, des géraniums » etc.). Nous prolongeons l’observation par des raisonnements sélectionnés parmi les modèles dont nous disposons : c’est ainsi que nous conduisons une automobile, organisons notre travail, faisons la cuisine etc.

Si la gymnastique de la pensée est analogue aux jeux des jeunes animaux, la pratique de l’action est analogue à la recherche des ressources (chasse, pâturage) et des partenaires sexuels par les animaux adultes, recherche à laquelle l’être humain ajoute le besoin d’exprimer ses valeurs par des symboles. La démarche expérimentale caractérise l’âge adulte de la pensée. L’idéal de l’adulte n’est pas l’intelligence, même si elle lui est nécessaire, mais l’efficacité dans l’action. Il y applique son discernement (découpage des concepts pour distinguer les êtres observés) et son jugement (sélection d’un raisonnement pertinent). Il y engage spontanément la capacité intellectuelle acquise lors des jeux de l’enfance.

L’expérience de l’expérience, la confrontation répétée à des situations nécessitant des modèles divers, assouplit et accélère la construction théorique. Au sommet de l’art, l’adulte acquiert le « coup d’œil » : face à la complexité et l’urgence d’une situation concrète il va droit à l’action nécessaire. L’esprit enjambe alors les étapes d’un raisonnement qu’il ne se soucie pas d’expliciter. Si le sage chinois est « sans idée », ce n’est pas parce qu’il a l’esprit vide ou ne s’intéresse pas à l’action : disposant de divers modèles, il passe de l’un à l’autre pour s’adapter à la situation, obéir à la « propension des choses » et atteindre un sommet d’efficacité. S’il ne s’attache à aucun modèle, c’est qu’il sait à chaque moment mobiliser celui qui convient, voire en conjuguer plusieurs. Cet idéal de sagesse, impossible à réaliser complètement, brille à l’horizon comme un point lumineux qui indique le chemin de l’ambition pratique la plus haute, le Tao : être disponible devant le monde afin d’y être efficace par l’action.

On évoque souvent le « coup d’œil » du stratège militaire, soumis à des contraintes extrêmes. On le rencontre aussi chez les entrepreneurs, artisans, contrôleurs aériens, professeurs, pilotes d’avion, conducteurs automobiles, sportifs, chirurgiens, bref chez tous ceux qui doivent agir.

Vous me direz que les fondateurs d'Econoclaste n'ont aucune prétention pratique. C'est exact. Ils s'expriment, c'est leur droit le plus absolue. Je le fais donc également.

Et en tant qu'économiste, je me permets de critiquer leur approche, non pas leur approche "scientifique" de choses (ils n'ont pas la prétention d'élaborer des théories scientifiques, et ce que je dis là est sans aucune condescendance), mais dans leur approche "émotionnelle". Je m'explique.

Certains des obstacles qui s’opposent à la pensée adulte, à la pensée appliquée à l’action, sont naturels : il est naturel par exemple qu’un débutant soit maladroit. D’autres obstacles, par contre, constituent un handicap qui empêche de se former par l’exercice et qui finalement interdit l’action. Mais alors que le prédateur qui ne sait pas chasser meurt bientôt, nos sociétés élaborées produisent des personnes qui ne savent pas agir ou seulement dans des domaines limités. Certaines personnes intelligentes sont incapables d’agir ; d’autres, comme dotées d’une sagesse à éclipses, sont aptes à l’action dans leur vie personnelle mais non dans leur vie professionnelle ou inversement.

Il se peut que cette mutilation contribue à la reproduction de la société comme la stérilité des ouvrières contribue à la reproduction de la ruche. Le constat d'une mutilation si fréquente est douloureux et celui qui énonce ce grand secret est mal reçu. Tâchons d’en élucider le mécanisme.

La complication est simulacre de la complexité.

L’écart entre la pensée et le monde n’a rien de scandaleux ni de bouleversant. Nous sommes incapables de décrire le mécanisme neurophysiologique qui nous permet de prononcer la lettre « A », ou de décrire un visage par des paroles ; le fonctionnement quotidien de notre corps reste énigmatique ; si nous nous intéressons passionnément à la personne aimée, sa connaissance n’est jamais achevée : étant concrète, elle est aussi complexe que le monde lui-même.

L’écart entre la pensée et le monde fait souffrir certaines personnes. Cela vient d’une formation intellectuelle mal conçue : si les adultes font croire à l’adolescent que le monde de la pensée est aussi éloigné de la vie courante que peut l’être le paradis, devenu adulte celui-ci ne concevra pas comment elle peut devenir un outil simple et servir de levier à l’action dans un monde complexe.

On peut se demander si certaines pédagogies n’ont pas pour effet (et, de façon perverse, pour but) de stériliser les esprits en leur inculquant devant les choses de l’intellect une humilité déplacée : s’il faut être modeste devant le monde que l’on découvre par l’expérience, chacun a le devoir d’être intrépide dans la pensée.

Les personnes mal formées croient que la tâche de la pensée est de représenter le monde tel qu’il est. Toute pensée exprimée avec simplicité leur semble alors une usurpation : la simplicité montrant naïvement que cette pensée est incapable de représenter le monde, elles estiment qu’elle ne vaut rien et n’a donc pas même le droit d’être exprimée. A la pensée qui laisse apparaître sa simplicité elles préféreront une pensée compliquée.

La pensée compliquée est simple au fond comme toute pensée, mais elle prend soin de cacher sa simplicité derrière un écheveau touffu de concepts et relations fonctionnelles dont l’architecture embrouille postulats, conséquences, résultats intermédiaires et hypothèses annexes.

L'exemple (pris quasiment au hasard) cité plus haut (les américains sont ils plus riches que nous?) en est l'illustration.

La pensée compliquée est, en pratique, inutilisable. Il arrive souvent que sous la complication se cache une incohérence : alors la pensée est non seulement inutilisable mais elle est nulle. Les contraintes formelles de la rédaction des textes scientifiques, excellentes en elles-mêmes, permettent à des esprits faibles de publier des écrits dont le vide est masqué par la complication : c’est ce que Feynman appelait « pretentious science».

La complication du modèle singe la complexité du réel. Elle n’égale jamais la complexité du réel, mais elle sature l’attention et le jugement. La personne qui examine un modèle compliqué est en « surcharge mentale ». Le modèle lui semble alors aussi complexe qu’un objet réel.

Le modèle compliqué est considéré avec respect par les personnes qui se défient de la simplicité de la pensée et qui ne jugent pas nécessaire de comprendre ce qu’elles lisent. Elles le croient réaliste, et en effet une des façons de construire un modèle compliqué, c’est d’emprunter à la réalité un grand nombre de déterminations à partir desquelles on emmêlera un écheveau.

Un modèle simple est vulnérable dans toutes ses étapes puisqu’elles sont compréhensibles ; il est scientifique au sens de Popper. Mais celui qui présente un modèle simple s’attire souvent la phrase qui tue : « Ce n’est pas si simple ! ».

C'est là toute la critique que je fais aux fondateurs d'Econoclaste: derrière un CV très pompeux et faussement modeste (dont le résultat est garanti sur l'étudiant en première année de Deug) on affiche des théories économiques "académiques" (HOS, Solow...), exotiques, ou personnelles, on les mélanges, et ça parait tellement sérieux et tellement compliqué que l'ont fini par être convaincant, surtout lorsqu'on distille par la même occasion le mème et sempiternel message social-démocrate, anti-US, anti-libéral, parce que voyez vous, cher Monsieur, la réalité, "Ce n'est pas si simple!".

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