vendredi, juin 25, 2004

 

de la manipulation des chiffres... et des idées

Petite reprise d'un débat intéressant initialement entamé sur l'Excellent site des "pères fondateurs". Le débat portait initialement sur le PIB de la France, qui selon le Hayek Institute, était aujourd'hui égal à celui de l'Arkansas...

La réplique au-to-ma-ti-que du gaulois bien pensant, vigileant et altruiste est de dire que cela ne veut rien dire... Il faut selon lui, en effet, regarder plutot les inégalités et le fameux "seuil de pauvreté", dont on parle tant (avec d'autres tartes à la crème style "développement durable" ou "europe sociale" ou autre concepts socialos-branchouilles). Le "seuil de pauvreté", et le nombre de gens en dessous de ce fameux seuil nous montre en effet à quel point une société peut être solidaire (devinez laquelle, question à 1 euro) ou égoiste (devinez laquelle, question à 1$).

Mais remettons les choses à leur place.

Il y a deux manières de calculer le seuil de pauvreté:

1- Pour les pays pauvres, c'est une valeur absolue, fixée aujourd'hui à 2$ par tête et par jour. Une famille de 6 enfant vivant en Mauritanie dans le désert aura donc un seuil de pauvreté à 16 dollars par jours (6 enfants + 2 parents), soit à peu près 450 dollars par mois. En dessous, elle est pauvre. La Mauritanie a donc la majorité de sa population sous le seuil de pauvreté. La parité dollar-ouguiya (monnaie mauritanienne) retenue pour calculer ces 2$ en monnaie du pays considéré est d'environ (taux de change officiel) de 1$=175 ouguiya. Mais c'est le taux de change qui ne correspond pas, il est vrai, à la parité de pouvoir d'achat. Selon le taux de change "choisi" supposé se rapprocher de cette parité, on aura quelques milions de personnes en dessous ou en dessus du seuil de pauvreté. Mais pour comparer les pouvoirs d'achat, il faut que les paniers de consommation soient similaires, ce qui entre le nomade de Mauritanie et l'américain moyen risque de poser des problèmes... voila un bon levier pour manipuler les chiffres.

2- Pour les pays riches, les 2$ par jour et par personne, c'est pas réaliste. Alors le seuil de pauvreté est fixé à la "moitié du revenu médian" du pays. Le revenu médian, c'est le revenu tel que 50% des gens gagnent plus, et 50% des gens gagnent moins (c'est pas forcément le même que le revnu moyen). Prenez ce revenu médian, divisez le par deux, et si vous gagnez moins que ça, vous êtes sous le seuil de pauvreté. Ca ça emballe les gauchistes bien pensants et haineux de l'amérique, parce qu'en effet, c'est d'une certaine manière un indicateur d'inégalités. Avec ce calcul, on a les 15 à 20% d'américains en dessous du seuil de pauvreté (ou sur le seuil) contre 8% en Gaule. Donc on est mieux chez nous... CQFD ! ... sauf que:

2.a - on passe de 15 à 20% selon le taux de change euro-dollar que l'on choisit pour calculer la PPA (Parité de Pouvoir d'Achat). Les économistes sont à peu près d'accord pour mettre ce taux de change PPA à 1 euro = 1.05 - 1.10 dollars. A peu de choses près. Il suffit de fortes fluctuations du taux de change officiel euro dollar (ce qui est le cas) pour que de cuistres ou des trotskos de mauvaise foie prennent le taux de change en vigueur à un moment donné qui donne le plus fort taux de pauvres aux USA. Et le chiffre en question restera bien en mémoir et bien cité ("selon l'enquète de 2001,...").

2.b - cette notion de "moitié du revenu médian" signifie que si (cas d'école, mais assez probant) par un miracle du ciel, tout le monde est du jour au lendemain 2 fois plus riche (pas de pbs d'inflation ou tout ça, on a dit que c'est un cadeau du ciel), et bien nous avons toujours autant de pauvres!! ils sont deux fois plus riches mais en même nombre puisque le revenu médian a été multiplié par deux dans ce cadeau du ciel.

2.c - et ze last but not ze least: si on reprend le calcul du seuil de pauvreté fréquemment utilisé pour "dénoncer" le système US, on s'aperçoit qu'il vaut mieux être pauvre aux USA (ou sur le seuil de pauvreté américain) que grec moyen ! en Parité de pouvoir d'achat, comme en taux de change officiel... Le type qui est pile au seuil de pauvreté US est aussi riche (a un pouvoir d'achat égal) que l'espagnol du début de la période AZNAR... Intéressant non? Autre comparaison intéressante: un prof (même un prof motivé et bosseur) de lycée ou de fac gagne moins qu'un maçon ou qu'un garagiste US.

Et on parle que des USA en général, je ne parle pas de la Californie...

De manière générale, il est clair que la pauvreté est quelque chose de très relatif, et ces débats sans fin sur l'inégalité (surtout aux USA et dans les pays libéraux), ça fait bander (désolé du vocabulaire) les nostalgiques des systèmes collectivistes. En effet, quand on parle avec ces gens là (qui pullulent encore au PS, pas mal chez les verts et bien sûr au PC-LO-LCR-ATTAC), on s'aperçoit très rapidement (peut-être en avez vous fait l'expérience vous même), que ce qui est important ce n'est pas seulement l'égalité des revenus par une intervention étatique, mais le bonheur des gens par une intervention étatique!

Les débats sur pauvreté-malheur-détresse-bonheur (un nomade à 0$ par jour pouvant être très heureux, le malheur étant surtout causé par la frustration ou l'absence de perspectives ou de valeurs) débouchent quasi-systématiquement sur "comment rendre les gens heureux?", ce qui est complètement à coté (selon moi) de l'objectif d'un Etat. Le mélange de la sphère publique (le droit des contrats, du travail, de la propriété, pénal, etc) de la sphère privé ( je suis heureux si je mange une bonne pizza MacCain devant un bon film catastrophe US style "le jour d'après", quoiqu'en dise Bové, Télérama, Libé etc qui voudraient que j'ai honte de dire ça, qui voudraient donc que je trouve mon bonheur ailleurs!) est dangereux.

Le contrôle du bonheur, c'est le début du fascisme.

Les "citoyens solidaires et vigilants" qui beuglent à longueur de journées ou de fêtes collectivistes leur haine du fascisme et leur vigilence contre le retour de la "bête immonde" sont tellement décérébrés qu'ils ne s'aperçoivent pas que le fascisme ne reviendra jamais par la même porte. Le fascisme reviendra par la "bonne pensée".

Les citoyens vigilants et solidaires sont tellement convaincus d'être dans le droit chemin, tellement convaincus d'avoir les yeux ouverts alors que les autres sont supposés être endormis par les médias soit-disant aux mains des multinatinales et des lobbies pétrolo-financio-je-ne-sais-trop-quoi, qu'ils sont tout simplement inculpabilisable.

En effet, depuis la seconde guerre et le début de la veulerie de la droite française consistant à se laisser humilier systématiquement par la gauche criminelle complice du plus grand génocide de l'histoire, tout gouvernement de droite est systématiquement comparé au régime de vichy ("gouvernement le plus à droite depuis vichy", etc... ) donc comparé au mal... du coup, les gens de droite se tiennent sévèrment à carreau!

Le premier qui dérape (ça arrive de temps en tant, forcément, et statistiquement, avec les milliers d'élus à l'assemblée nationale, dans les conseils généraux, régionaux ou municipaux) est aussitot montré du doigt, politiquement fusillé, son camp humilié pour quelques mois, et pas le droit de protester! Pendant ce temps, l'intelligensia bobo-socialo batifolle sans vergogne avec le sous-commandant Marcos ou Fidel Castro, cela ne pose strictement aucun problème... Si Krivine et Laguillier sont les deux seuls députés du parlement européen à ne pas se lever pour acueillir Vaclav Havel dans l'hémicycle, cela n'est que la traduction d'un acte d'insubordination vigilant et nécessaire à la survie d'une société démocratique, j'imagine...

Mais le problème est justement là ! en l'absence de toute culpabilité, les gauchos se lachent comme jamais ne pourra se lacher un conservateur sous étroite surveillance. Du coup, la "bonne pensée" s'impose telle une gangraine, ne supporte pas la contestation puisque toute contestation est automatiquement frappée de l'anathème de fascisme, et se développe dans les pires incohérences et sans le moindre garde fou.

On interdit les proppos xénophobes, homophobes, et demain socialophobes. La droite en a tellement peur que c'est elle même qui fait les lois qui la condamneront tot ou tard.

Le rhinocéros est déja dans nos rues, dans nos festivals, dans nos centrales nucléaires, dans le quartier latin, dans nos écoles et universités, dans la télévision publique, dans nos journaux, au festival de Cannes, dans les rues de Barcelone, dans les urnes espagnoles...





jeudi, juin 24, 2004

 

Programme spatial US

Ca y est, le nouveau programme spatial US est sur les rails. Relancé par GW Bush et particulièrement ambititeux (retour sur la lune et voyage sur mars), on vient d'apercevoir ces derniers jours la manière dont les USA vont s'y prendre pour nous mettre un demi-siècle technologique dans la vue, et encore, je compte pas les cracheurs de feu subventionnés...

Quand Bush a annoncé son nouveau programme (en janvier), personne n'y croyait. Même en France, les fous d'espace si prompts à s'emballer (ce n'est pas une critique, bien au contraire) dès qu'on parle de nouvelles missions et de nouveaux projets, se sont mis à devenir de fins politologues parce que c'est Bush qui a lancé le programme... "C'est pour faire oublier le bourbier Irakien", "C'est de la démagogie", "on ne peut pas faire un tel projet sans faire exploser le déficit budgétaire", etc..

Outre le fait que c'est bien la première fois ques des gens si habitués à réclamer les lignes budgétaires de l'Etat (des scientifiques et chercheurs français) se sont tout à coup transformés en porte drapeau de la rigueur budgétaire quand il s'est agit du programme spatial de G.W. Bush, tous ces français (et pas mal de démocrates américains) n'ont jamais imaginé un instant comment il pouvait être possible de conquérir la Lune sans faire appel massivement au Solutionneur Universel, l'ETAT ...

Bush a trouvé: ça passera par le privé. L'action de l'Etat reste sur des recherches fondamentales à rentabilité forte mais dans un horizon temporel trop éloigné pour une entreprise, même importante, et les entreprises qui vont se préter au jeu en investissant dans le programme auront quantités de retombées en terme de brevets, licences, etc. Du coup, le cout total du programme est largement supporté par le privé, et on évite une partie des gaspillages inhérents à une gestion étatique.

Le premier pas vient d'être franchi avec le premier avion spatial privé qui a volé cette semaine.

Ca ne soulève pas d'émotion en france, au contraire, ça inquiète presque nos chercheurs! Vous imaginez? Si le privé se met à faire de la recherche et en plus se met aussi à trouver...

mercredi, juin 23, 2004

 

red power !

En redécouvrant la France, je redécouvre ses journaleux ex-trotsko-maoistes, ses intellos à deux balles subventionnés, bref, le pathos que j'avais (presque) oublié.

Ainsi, il y a quelques jours, je cherche le programme tv sur le net. Le site de télérama est assez convivial, même si télérama reste télérama, et qu'il ne faut surtout pas cliquer sur le nom du film ou du programme pour voir le commentaire, car vous risquez alors de ne plus dormir la nuit ou de péter l'ulcère.

Merde, j'ai cliqué!

deux programmes le même soir...

Premier programme: "confession d'un espion nazi". Film AMERICAIN de 1939 dénonçant le nazisme avant même que ce dernier ne commence à inquiéter ou à troubler les nuits des anciens notables de province bien planqués qu'étaient les parents ou les grands parents des bobos journaleux d'aujourd'hui (rarement fils d'agriculteurs ou d'artisan vous remarquerez). Commentaire de Télérama (en gros): film américain, dénonçant le nazisme, mais à une époque où, rappelons-le, l'appartheid était de règle aux Etats Unis, où les noirs étaient brulés, etc...

Deuxième programme: documentaire: "moi, fidel castro" de et avec Ignaço Ramonet (qu'on ne présente plus, il ne mérite même pas les cellules de peau morte que j'use sur mon clavier pour écrire son nom) et Fidel Castro. Interview private, quoi! commentaire de boborama (sic):

"Sur les lieux des combats, Castro évoque la naissance de sa légende, lors de l'assaut manqué contre la caserne de La Moncada, à Santiago de Cuba, en 1953.
Devenu avocat, Fidel Castro tente de s'opposer au coup d'Etat de Fulgencio Batista. Le 26 juillet 1953, à la tête d'une caravane de seize voitures remplies de jeunes combattants, il tente de le renverser en attaquant la caserne de La Moncada, à Santiago de Cuba, la deuxième ville du pays. Les combats se soldent par un bain de sang. Arrêté, torturé et emprisonné, Castro prend finalement le chemin de l'exil en 1955. Cet échec militaire, le seul, assure Castro, devenu légendaire, est aussi à ses yeux sa plus grande victoire politique.
"

fabuleux non? pas un mot sur la dictature, les dizaines de milliers de morts, déportés, mutilés, torturés, emprisonnés par le régime... C'est Castro qui a été torturé pour la révolution et la lutte contre le méchant Batista. C'est lui la victime... des méchants américains!


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